L’ORDINAIRE FLAMBOYANT

par ©dominique ottavi texte & photo tous droits réservés  -  23 Avril 2013, 08:31

L’ORDINAIRE FLAMBOYANT

RENCONTRES DE LA PAROLE

Alpes de Haute Provence août 2012

L’ORDINAIRE FLAMBOYANT

Samedi soir,

Sergio Diotti, Luca Roga et Pepe Medri

à Saint-Etienne les Orgues

Moins Commedia dell’arte que Brueghel l’Ancien…

Drôle de carnaval, sérieux et sage. On fait parler les porcs et sursauter les lutins dans leur boîte à malices. Qui, c’est bien connu, a la forme d’une botte. Pas d’une Santiag’, non, d’une vraie botte à volutes, de spadassin aux belles moustaches rousses. Mais son nez, la nuit, est rose. Pour en revenir au Porc, on l’appelle l’Animal, avec un grand a, parangon de la bestialité bonhomme. Du reste les musiciens c’est bien quand ça ne parle pas. Mais lui, le Sergio, ne s’en prive pas trop. Avec toutefois retenue, et sans ostentation jamais : c’est qu’il craint d’à son insu convoquer le Diable : ce Monsieur, là, on ne l’appelle pas. Du reste les bouffons sont quelconques, sauf lui, le bien rusé. Si bien rusé qu’il s’est frayé sa place auprès de la fameuse famille d’Este, à Ferrare. Mais pas chez les fascistes auxquels les gens de chez lui, réputés pour leur côté rebelle et sauvage, un peu fou selon les psychiatres officiels du régime, savent mettre leur bonne raclée, leur belle « bâtonnée ».

Et puis, Saint Georges, San Giorgio, on connaît l’histoire, bien sûr qu’il se le fait, le dragon. Et la narration de la légende arrangée en poème dialectal (tant pis si vous ne comprenez pas), accordéon, marionnettes, ombres chinoises, vous fait dresser les cheveux sur la tête et battre le cœur en cadence de Bella Ciao.

Diotti c’est un gueux comme on les aime, sorti d’une révolte paysanne ou d’un Brueghel l’Ancien. Surtout bien vivant et sans drame malgré les drames, ou grâce à eux… Un truculent sans truculence autre que l’ordinaire, flamboyant.

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