La tête dans un coquillage

par ©Dominique Ottavi  -  24 Février 2013, 13:49

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à propos de Patrick Pérez Sécheret

 

                      LA TETE DANS UN COQUILLAGE


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         par Dominique Ottavi

 

Je reconnais à PPS le bénéfice du doute. Non, il n’est pas cet imposteur grilleur de cigarettes retourné sur lui-même, son entregent et ses dentelles.

Il s’installe sans peser, ayant parfaitement et justement soupesé ses chances. On lui connaît des insomnies de bazar, où parfois il se prendrait pour un coquillage, ou une oreille, c’est selon. Il possède ce quelque chose du moine, mais tripoteur, bien sûr. Je sais bien qu’il ne l’a pas grosse, la tête, certes, mais de là à la caler dans l’espace réduit d’une coquille vide, même de fière taille… Lui qui leur fait la chasse, impitoyablement, aux coquilles qui lui viennent sous la main, en ses incessantes relectures qu’il fait semblant de ne pas mener, les abandonnant au hasard… Qui fait bien les choses, quand le PPS, au hasard, il lui donne un coup de pouce, un coup dans le dos, ou une petite tape sur les fesses… Ce littérateur né, qui n’est pas plus littérateur que je ne suis moine, mais Poète absolument. Cet homme de lettres, à l’antique sens du terme : Poète de l’instantané, de l’urgence, de l’humain. Il offre à l’encan, et à ses frères humains, justement, ses diapositives du vivre. Ses repérages cosmiques. A la va vite apparemment, mais non : il sait bien où il va le bougre : là où s’engouffre le vent et la beauté des hommes, leur désespoir et leurs souffrances, sublimés par son lyrisme de bazar, de bars, et d’absolue nécessité.

Remarques préliminaires seulement.

On se dit qu’il écoute la mer comme on le faisait enfant : en se collant l’oreille à quelque conque malvenue, mais lui il y met la tête, carrément… Bon, je ne lui ferais pas l’injure de le traiter de marin corse – il a toujours été prétendu que nous n’étions pas marins par chez nous, et là haut, où l’on sait mieux que nous ce que nous sommes ou ce que nous nous devrions d’être, mais le Culombu, dans lequel on soufflait jusqu’à naguère, n’a rien d’une légende. Et figurez vous que ce Culombu, cette coque marine, justement nommée, servait au chant et à l’expression musicale partageuse et partagée des plus simples, des plus rudimentaires êtres que nous avons su rester, au grand dam des journalistes et chroniqueurs de tout poil énonçant leurs sermons depuis quelque Olympe des bords de Seine. Dont PPS évidemment n’est pas. Il n’aurait pas commis ce magnifique Poème d’Ajaccio, dont il me fit cadeau voilà une décade, après quelques bonnes libations… Rentré à son hôtel, rue Fesch, il l’écrivit jusqu’à plus soif.

 

Le lendemain, j’avais une boule dans la gorge, comme je l’ai aujourd’hui, à la énième relecture de son nouvel opus… :

 

« Laissez entrer la rumeur de l’ombre

à la poitrine du soir parmi les roses

à pelisse verte le cœur sur la main

d’une hirondelle un peu décatie

des ombrelles aux pupilles

des valises d’armes pleines les plumes

 

laissez passer les chemineaux de l’aube

en veste d’apprenti sur le carreau de vivre

 

Je vous en prie »

 

© Dominique Ottavi

 

 

`( LA TETE DANS UN COQUILLAGE, amapola éditeur).

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