Creuse

par dominique ottavi  -  8 Novembre 2020, 17:43

Creuse, creuse sous tes pieds, entre tes jambes, vois ça bouillone, fait de la fumée qui monte dans ton ciel, lui n'attend que ça : le signal-fumée des bouillonements de dessous tes pieds où tu creuses sans répit, de toute éternité contrite, confite, désespérée jamais, creuse, creuse encore, là est ta joie, ta destinée qu'étrangement personne ne t'envie forcément : ils ne savent pas, n'ont pas encore entendu que la source, il faut creuser, creuser sous ses propres pieds, puisque là se trouve cachée la source universelle toute prête à bondir sans faillir ni se retenir, verticalement dans le ciel bleu comme on n'en fait plus. Plus jamais. Pas encore, toutes voiles dehors jusqu'à ce que mort s'ensuive, mort heureuse, sourire aux lèvres. Sourire de la source de dessous tes pieds où tu creuses proprement à présent que tu as compris ce que te chuchote le vent depuis tout ce temps, ce temps-là que tu n'as jamais perdu, non, que tu as gagné. Regarde dans le bleu du ciel la source propulsée à coups de pelle, de pioche bien sentis, tes propres coups de pelle, de pioche, tes coups de corps.

 

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