pas envie

par dominique ottavi  -  28 Décembre 2019, 18:26

J’ai pas envie qu’on m’croie
Intelligent
Malin
Fourbe
idiot
Mélancolique
Intéressé
J’m’enfoutiste
Calculateur
Narcissique
Pervers
Menteur
Idéaliste
Rêveur
Amuseur public
J’ai pas envie
Qu’on m’croie.

Ventre à terre
nous filons
par les coulisses du temps
qui n'est à la terre
que ce que le piéton
est à la route
terre à terre.

 

J'étais hier soir à l'Aghja, souffle coupé, emporté, émerveillé, dans ce tourbillon de gestes sûrs, de déplacements scèniques parfaitement coordonnés : jamais rien de gratuit, ni dans le geste, ni dans la voix, une suite logique de tableaux jamais statiques (ce qui est un comble pour des "tableaux"), la Susini nous donne à voir et à entendre la Magnani dans toute sa splendeur, "too much" mais jamais excessive... Toute la beauté du travail d'un "acteur" au sens propre du terme... Merci, merci, Zouzou. (Anna Magnani, Le temps d’une messe)

 

Tout ce que tu ne pourras jamais demander à Bach. Les contorsions et les enfumages, les implorations et les courtisanes, les fils du temps et les commérages. Non, rien que cette lande habilement sauvage autour de la cabane aristocrate où nulle odeur ne se propage, autre que celle des bougies patientes qui décomptent les heures, les minutes et les secondes de cette éternelle nuit où il me faut sans cesse faire se lever un soleil de circonstance ne prétendant jamais justement à la circonstance. Nous sommes sous la clarté terrible de ce soleil intérieur, comme sur la lande brûlée par la dernière explosion de la folie humaine. La force de l’âme surpasse celle, redoutable, des démons que nous nourrissons. Nous sommes sans retour et revendiquons d’en être comptables. Pendant ce temps les compteurs tournent et les contes ne parlent plus à personne. Justement ! Qu’avons-nous fait pour que les réveils sonnent et les cloches se taisent ? Nous n’y sommes pour pas grand’chose je sais mais la nuit se lève et les vents ne tarderont plus à venir tordre ses mille serments comme tu disais : un simple accord posé avec tout l’aplomb de ton âme peut renverser ta destinée, les destinées de tous. Nous errons parmi des langages obsolètes qui ne disent rien, plus rien à personne et au détour de la dernière clairière, dernier taillis, cette fulgurance : Jean-Sébastien déjà avait tout compris de ce qui adviendrait, tout énoncé. Nous sommes les pourceaux de l’espace-temps et nous pouvons nous sauver. Rédemption. Amour.

MOUVANCES.ca
Numéros 17-18, Le désert
Éditorial
Claudine BERTRAND

Parole libre
ASSASSINAT DE TAHAR DJAOUT...... par Akli GASMI (Kabylie)
PAUL-MARIE LAPOINTE (1933-2011)..... par Jean ROYER
105ème ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE SENGHOR...... par Amadou Lamine SALL


Poésie
Nora ATALLA
Abderrahman AYOUB (Tunisie)
Claudine BERTRAND
France BOUCHER
Yves-Jacques BOUIN (France)
Monia BOULILA (Tunisie)
Antoni CLAPÉS (Espagne)
Cécile CLOUTIER
Françoise COULMIN (France)
Paul de BRANCION (France)
Yves DÉSY
Bruno DOUCEY (France)
Eric DUBOIS (France)
Nadia GHALEM
Michaël GLÜCK (France)
Paul-Georges LEROUX (France)
Jean-Luc MAXENCE (France)
Laure MORALI
Bernard NOËL (France)
Dominique OTTAVI (Corsica, République française)
Cécile OUMHANI (Tunisie)
Christine PALMIÉRI
Angèle PAOLI (France)
Sabine PÉGLION (France)
Diane RÉGIMBALD
Théa Marie ROBERT (France)
André ROY
Hugues ROYER (France)
Julienne SALVAT (Île de la Réunion)
Jacques VIALLEBESSET (France)
Jean-Claude VILLAIN (France)

Prose
David COLLIN (Suisse)
Michel CÔTÉ
Thierry GILLYBOEUF (France)
Thierry JANDROK (France)
Jean ROYER
Lambert SCHLECHTER (Luxembourg)

Émergence
Patrick ASPE (France)
Thierno Souleymane BARRY (Guinée-Québec)
Alain GINGRAS-GUIMONT

Autres textes
Simon NADEAU

Traduction
Renata DURAN (Colombie) poète, Luis DEL RIO et Brigitte VANHOVE traductrices
Mohamed Salem Abdelfatah EBNU (Sahraoui ) poète, Mick GEWINNER traductrice
Voix de Mauritanie: deux poètes traduits par Mick GEWINNER et coll.

Art visuel
Illustration…………………………………..Christine PALMIÉRI
Commentaire de l'œuvre………………….Denyse THERRIEN
Novembre 2011

 

Il ne resterait plus
Que les miettes
De ce festin
Dont je ne me souviens plus
Qu’il nous était promis
De toute éternité.

La nuit aurait pu
cesser
de se méfier
lorsque les gardes
ont entrepris
de monter
les marches
du grand escalier d'apparat
le grand escalier
sans fin

Elle dit qu’elle m’aime
Que je suis sa terre
Je la crois
Je vois la terre
Ses ronciers
Ses ronces
Et toute l’immensité
Des possibles
Sous ce ciel
Bleu
Insigne.

Disparaître
C’est comme être
Sans ....

Des manies
Des envies
Le tout à l’envi
Tournant le dos
A la vie
Tout en se disant qu’on vit.

Souffle court
Court autour
De la terre
La Lune est
Encore loin
De ta bouche
Qui souffle
De tes mains
Si douces
De tes yeux
Qui se voilent
Comme s’accourcit
Ton souffle
Ta bouche en feu
L’amour en gage
De la terre
Sans âge
D’où tu viens
Où tu retourneras
Tôt ou tard
A bout de souffle.

Rien à ajouter
Les dés sont jetés
La parole
Telle l’honneur
Est en morceaux
Personne
Pour les ramasser?

Cette fêlure
Entre les yeux
Cette déchirure
Ce battre la campagne
Comme si c’était
Une partie de campagne
Ce retour aux sources
Où Il n’y a plus de sources
Le fleuve chez moi
Abrite dans son lit
Ou presque
Le plus grand supermarché
D’Europe
Vous le croyez ?
Moi pas
Et pourtant...
On dit la maffia ?
Mais ceux qui en parlent le mieux
Sont encore les maffieux
Non ?
Bonne nuit
Mes anges.

Je signe
Comme d’habitude
Ma lassitude
Et ma ferveur
A la fois
Lassitude et ferveur
Ferveur et lassitude
Telle est la vie
Ma vie
A fleur de nerfs
De coteaux
A fleur de terre
Et de tout le reste
Que j’aime indifféremment
Que j’aime
Ma terre
D’où je me fais naître
Sans cesse
Naître
Ma terre

Ton vrai bordel
Délictueux
Délicieux
Vive les têtes
De noeud.

Je veux gagner
De l’argent
Et avec mes émoluments
Construire un monument
À la Sainte Pauvreté

Marcher
Pieds nus
Dans la poussière
Me coucher
Nu
À même la terre
Et chanter
La lumière.

J’avais mes gens
J’avais mes freins
J’avais mes frondes
Et tous les paltoquets
Les mal au ventre
Les sans visage
Les sans parole
Les énervés
Innervés
Les je reviens de loin
Qui ne sont jamais partis
Les salles de bain
Sans savon
Ni gant de crin
Je les salue tous
Mais laissez donc
Mon amie
Tranquille.

Ma belette
Mon impromptue
Ma bienvenue
Ma survenue
En toute majesté
Toute innocence
toute
Amenité.

J’étais à la maison
J’étais à ma douleur
Ne faisant rien
Pour m’en défaire
Reprendre la route
Certes
Et ressentir
Mes forces
Défaites
Et rire
De bon cœur
Pour la beauté
Du geste
Sa gloire
Et sa défaite
Justement.

Ce qu’il m’aura fallu
Ce qu’il m’a fallu
Et le reste
Je n’en veux à personne
Même pas à moi-même
J’ai défais
Le fil du temps
J’en ai fait
Ma courtepointe.

J’avais dit
J’avais fait
Je me suis dédit
Je me suis défait.
La roue tourne

La vie est immensément vivante.

 

le stylet dans le gigot
une cloche sonne
on s'en vient à bout de souffle

il a pris la hache
l'a levée haut sur sa tête
la lune s'est enfuie

tu regardes l'horizon
telle la flèche l'arc
chaises empilées sur la table

il n'a pas démérité
ses forces elles seules
juste se sont sous-estimées

capitaine de l'impossible
ses yeux dans le ciel
et sa manche vide pend

n'ai pas demandé mon reste
la soupe était bonne
mais l'océan et la mer

ombres sur la lande
verre éclaté dans l'évier
yeux tristes du chien

il descend à temps
ne croit plus à l'éternel
rumeurs de décembre

pot de confiture
épandue sur le parquet
du verre étoilé

à la gauche du Père
les portes de bronze sombre
faisceaux de lumière

Mourir
Sans laisser de trace
Partir
La rage au ventre
Vers l’inconnu
Le désirable
Et rire
Jusqu’à plus soif.

Nous allons revenir
Par les charbons ardents
Réservant le pire
Et le reste
Aux menteurs
Appointés
Et qui mentent
Qui n’ont pas de langue
Pas de lèvres
Aucun regard.

Reviendras-tu vers moi
Quand je n’y serai plus
Dilué dans l’atmosphère
Entre les vents
Et la misère
Reviendras-tu ?

S’en aller
Vers sa maigreur
Lesté
De l’absolution sincère
Des déserteurs

Et puis comment faire
Lorsque tout se défait ?
Prendre les armes ?
Ou s’appliquer au trait
Le trait parfait
Jailli de nulle part
Crois-tu
Horizontalement chargé
De toutes tes verticalités
Les conscientes
Et les non pensées
Signant à l’encre noire
Ta liberté
Enfin gagnée.

Le train blindé
Hérissé
D’armes
De canons
S’arrête en gare
Les robocops
Veulent l’inspecter
Le contrôler
Le mettre au pas
Le peuple les en empêche
Manu militari.
Manu militari
Sur l’air des lampions
Ou celui de la révolte
Sans concession.

 

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