A Pascal Bruno

par dominique ottavi  -  5 Février 2018, 12:12

Petits pas de neige
Au col de la solitude
À moins que l’hiver...


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Prose pour le col de Marie-Blanque*<br /> <br /> <br /> C’est l’hiver dans la montagne profonde. La neige tombe à gros flocons. Ici, au col de Marie-Blanque, on marche, lentement.<br /> « Ce n’est ni une étude, ni un savoir livresque, cela filtre à travers l’esprit. »<br /> Le col de Marie-Blanque n’a rien de grandiose. C’est un petit col de rien du tout. On n’y fait pas de prouesses, On y cherche autre chose.<br /> « L’homme réel possède le diamant de la connaissance. »<br /> Le sentier grimpe à travers bois : sapins, chênes, bouleaux. Il y a si peu à dire. Nous ne parlons pas. Nous mettons un pied devant l’autre et laissons faire la neige.<br /> « Les loups seuls demeurent dans le bois obscur et silencieux. »<br /> Nous sommes les loups blancs de ces espaces ultimes. Nous aimons cette dis-tance, ce froid illuminé. Notre vie est secrète. Elle n’est plus à nous.<br /> « Si le grand givre n’a pas mordu les branches, comment les fleurs du prunier peuvent-elles être odorantes ? »<br /> Lorsqu’on me demandera à quelle religion j’appartiens, je dirai : à celle du col de Marie-Blanque. <br /> <br /> <br /> Kenneth White, Un monde ouvert, Gallimard (2007)<br /> <br /> <br /> * le col de Marie-Blanque culmine à 1035 mètres. Il se situe dans le départe- ment des Pyrénées Atlantiques et relie les vallées d’Aspe et d’Ossau.
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