Septimanie

par ©dominique ottavi  -  13 Novembre 2015, 08:49

Septimanie

En demi-teinte, les ombres vertes sur le gris du contre-jour. Bronzes. Plages un peu tristes, montagnes qui peinent à s’élever. Carrières refermées à la hâte. L’horizon est un balcon au pied duquel la mer se vautre timidement. Villages vides, pierres blondes, tohu-bohu des villes arrogantes qui voudraient investir tout l’espace disponible depuis que les vignes ont été arrachées. Septimanie, Septimanie, Larbaud s’assoupissait sans plus mot dire, ni écrire, à l’ombre d’un campanile de petite volée. Je ne sais ce qu’il faut le plus aimer ici. L’éloignement du Rhône qui s’est perdu dans les marais ? Ou l’approche du pays catalan, tout de retenue dans sa bamboche ? J’ai de la peine avec ce pays qui n’en est pas un, juste un passage. Ici la Méditerranée elle-même est verte, bronze, penaude, aux antipodes de sa fringante pagaille de l’Est. Alors, on s’abrite en des jardins de curé, on pousse les portes d’hôtels particuliers, puisque ici rien n’est dehors, tout est dedans. Influence ibérique, arabo andalouse sur les plaques de marbre ou de pierre de Castries rappelant le prestigieux passé intellectuel, médical, alchimique de la contrée. Septimanie, tant de beautés cachées, jamais offertes. Il faut faire le détour, forcer les passages, se perdre en remontant vers le Désert, ou se frayer une route vers la Montagne Noire, qui est une autre histoire, un autre horizon… Étangs, oiseaux blancs et roses, quelque chose de tranquille, de retenu, de régulier jusqu’à l’étouffement, qui te force à te recueillir en tes chères études, au milieu de tes livres, tous ces livres, ces librairies, partout.

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Laforêt 13/11/2015 13:40

la Septimanie, c'est quand j'ai ces petites manies:

Roland et moi



Roland à Roncevaux
et moi
l’orant
avons ce rôt

Autour de son corps
à corps perdu
corps et âmes
à cor et à cri
accordons nous
à trouver là
cor, dos, cou,
courroux, coucou …

Mais si à cœur vaillant rien n’est impossible
à corps vaillant tout est un peu cible !